Sur le fronton du pavillon on peut lire le mot, Feuilleton... Ce mot nous rappelle certains grands romans du XIXème siècle, publiés en épisodes dans le bas des premières pages, le « rez-de-chaussée » des journaux à grande diffusion de l’époque. Charles Dickens, Honoré de Balzac, Alexandre Dumas, Eugène Sue... ont ainsi contribué à la naissance d’un genre littéraire directement lié à l’apparition de la culture populaire. Il nous rappelle aussi les feuilletons radiophoniques, les histoires à suivre des magazines, les bandes dessinées, les « soap operas » et aujourd’hui les séries télévisuelles de toutes sortes...
Sans oublier bien sûr, l’actualité, ce Feuilleton du monde dont les images ne cessent d’occuper le cadre de nos écrans et de nous confronter à une réalité de plus en plus virtuelle dont nous ne saisissons plus le déroulement que par bribes.
...Feuilleton, le titre d’une exposition !

 

L’idée du Feuilleton m’intéresse parce qu’elle renvoie immédiatement à la culture populaire... Cela a toujours été présent dans mon travail, c’est une façon de déplacer l’intérêt sur des apports, des images, et des conditions d’apparition de l’art en des lieux inattendus, proches du quotidien. Cela me permet aussi d’explorer des territoires moins spécialisés, moins élitistes, plus ancrés dans mon rapport à la réalité.

7_péchés
L’orgueil, l’envie, la colère, la luxure, la paresse, l’avarice et la gourmandise, sont autant de caractères qui vont servir de trame à une narration qui ne reste qu’indicielle. Ils sont aussi les principes récurrents d’une culture de l’interdit et de la transgression, d’une morale en perpétuelle actualisation.

J’ai choisi les péchés capitaux car ils évoquent immédiatement les principes moraux qui sous-tendent notre culture, c’est un sujet très important de notre histoire qui est à l’origine de toute une production iconographique. Ce sujet me concerne car il a toujours intéressé la peinture, ce qui continue avec le cinéma, la télé et les nouveaux medias...
C’est quelque chose à poursuivre, avec ses propres matériaux, avec son actualité... Ce que l’on ne peut pas faire, ce qui est interdit... C’est ce qu’il faut mettre en peinture !