La fresque me permet de poursuivre à une autre échelle le rapport que ma peinture entretient au langage et aux signes. Déjà sensible dans les affiches, où le mot est traité à la lettre, cet aspect du travail se confronte à la « muralité ». Les inscriptions y parlent bien sûr du projet, l’illustrent et le nomment plus directement tout en maintenant l’effet de transparence qui circule dans l’ensemble des propositions. La couleur, les mots, les relations y sont traités comme une sorte de cartographie mentale et visuelle, un tramage qui aurait toujours été là et dont certaines parties, par effet de « restauration », refont surface… C’est une manière de jouer entre une histoire de la peinture murale et un rapport plus contemporain à l’espace public, au mur comme lieu d’expression, au tag… Cela me permet d’agir directement sur l’architecture du pavillon, de me confronter à un travail in situ et d’y faire apparaître les empreintes d’un passage, les traces d’une temporalité indéfinie.